Séminaires

Entre philosophie, psychologie et littérature
© Marie-Françoise Plissart

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Reliances au non-humain : de l’animal au cosmos
(Ce séminaire a été présenté une première fois en partenariat avec le laboratoire Epsylon, au centre St Charles de l'université de Montpellier, en 2016-2017).

Depuis des siècles l’homme sait qu’il n’est qu’une poussière dans l’univers, mais pour autant est-on sorti, vraiment, de l’anthropocentrisme ? Aujourd’hui que l’éthologie révèle à quel point sont proches de nous les animaux, que la biologie manifeste le peu qui sépare la vie de l’inanimé, que la neurobiologie comme la physique évoquent une interconnexion généralisée, la philosophie n’a-t-elle pas à penser tout ce qui nous relie au reste du cosmos ? Et la psychologie n’a-t-elle à en mesurer l’impact – à lui faire place, dans une intrication à nos relations humaines ? Celles-ci ne se transforment-elles pas, au contact d’autres vivants ? Et « la culture », l’art, la création, peuvent-ils, sans s’asphyxier, rompre avec « la nature » ?
Que l’apparente altérité du non-humain se situe au coeur de notre intimité, poètes et mystiques n’ont cessé de le rappeler. Et qu’à nous reconnecter à lui, nous redevenons plus vivants, il est temps de nous en souvenir.

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Absolus de l’amour – amoureux, éthique ou mystique

Les spiritualités d’Orient comme d’Occident situent la joie dans un amour universel et désintéressé. Cependant celui-ci est-il véritablement accessible ? Non, déclarait le père de la psychanalyse, qui pensait qu’on préfère toujours « les nôtres » aux « étrangers ». Mais certains penseurs lui répondent que tout homme, voire tout vivant, par ce qu’il partage avec nous de fragilité, peut être envisagé comme « notre prochain », dont nous avons à prendre soin. D’autres, juifs ou chrétiens, vont jusqu’à voir dans tout visage humain une image de Dieu. C’est alors dans la charité, la compassion, l’éthique, que l’absolu trouve à s’incarner.
D’autres, plus mystiques, éprouvent un lien plus direct, plus intime, au sacré – un lien qui ne s’ancre pas dans l’amour de l’humanité, mais nous unit au divin sur un mode amoureux. L’âme se vit alors comme une fiancée éprise, en quête de son époux divin, et quelquefois comblée par des « noces spirituelles », où tous les sens seraient transformés. Du reste si Dieu est amour, l’âme ne serait-elle comblée par Lui du simple fait d’aimer ?
Mais si l’amour pour Dieu a pu s’éprouver en termes amoureux, à l’inverse la passion humaine a souvent pris une coloration mystique. Ainsi Platon ancrait dans l’amour des beaux corps la contemplation du Beau, les troubadours vivaient la quête de leur Dame comme un parcours initiatique vers le divin, et les poètes surréalistes trouvaient dans leur passion l’accord magique entre leur monde intérieur et les lois régissant l’univers. Les psychanalystes eux-mêmes n’évoquent-ils pas en termes de « sublimation », à la manière des alchimistes, ce qui métamorphose l’amour d’un être en l’amour de l’amour ?

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